RUBBLES 

Croix Saint Lambert

2013 

Négatifs 

Croix Saint Lambert - Saint brieuc

2013

Rubble

Croix Saint Lambert - Saint brieuc

2013

ARCHÉOLOGIE CONTEMPORAINE

Etudiante aux Beaux Arts d’Angers

lea.ruellan@bbox.fr

 

 

C’est par hasard que j’ai découvert le livre CCCP de Frédéric Chaubin Cosmic, Communist Constructions Photographed. Déjà attirée par l’architecture sociale du 20ème siècle, je me suis interrogée sur les liens entre toutes ces architectures.

L’hypothèse de départ de mon travail était de voir en quoi le logement collectif a marqué la société française et quelles traces ces architectures vont-elles laisser dans notre paysage.

Depuis les années 70, on remarque que ces architectures sont délaissées, oubliées, pourtant elles sont les vestiges d’une époque d’après guerre où tout paraissait possible. Symbole il y a 60 ans de progrès social, elles portent dans leurs murs un lourd passé politique mais aussi architectural. Cette nouvelle façon d’habiter, éloignée de l’habituel pavillon français, était au milieu du 20ème siècle, pleine d’enthousiasme. Ces grands ensembles, formés d’habitats collectifs étaient des villes nouvelles, construites à l’extérieur des villes, et édifiées en un assez bref temps.

 

 

Au cours du dernier siècle, le logement est devenu peu à peu au même titre que la liberté d’expression, un droit. Mais avoir un toit est un besoin avant d’être un droit. Le marché de l’habitat populaire au cours du Xxème siècle est né de la rencontre entre de nombreux acteurs : les clients, les constructeurs, les promoteurs et le nouveau venu, l’Etat.

Depuis la fin du XIX siècle, l’urbanisation et l’industrialisation des villes ont confronté les classes populaires à un manque crucial de logement. Manque de ressources, familles trop nombreuses, obligeaient ces nouveaux citadins au surpeuplement, mais aussi aux taudis qui se multiplièrent de façon désastreuse. Le logement ouvrier semblait un fléau insurmontable, une constante de la condition ouvrière. A part quelques initiatives patronales pour donner un toit décent à leur main d’oeuvre, le logement populaire n’était soumis à aucune législation. Les immeubles des centres villes loués aux classes populaires ne devenaient pas rentables pour les promoteurs immobiliers qui ne les restauraient pas, devenant de vrais taudis. Cette situation alarma les hygiénistes et les réformateurs, obligeant l’Etat à proposer ses premières loi sociale.

Travaillant sur la trace de ces architectures du passé, je me suis focalisée sur le quartier de la Croix Saint Lambert, au sud de la ville de St Brieuc dans les Côtes d’Armor. Il fut construit à la fin des années 60, et était principalement composé de cinq tours de 14 étages. C’est un des premiers grands ensembles construit à Saint Brieuc. Le projet promettait une excellente qualité de vie à ses occupants, leur offrant pour un loyer modéré des appartements confortables et spacieux, mais aussi des commerces et services de proximité tel que des écoles, une garderie, une bibliothèque, …

Malgré de nombreux travaux de rénovation les années précédentes, les tours étaient devenues un lieu peu apprécié. Elles étaient considérées par les Briochins comme un quartier difficile, coupé du centre ville par la construction d’une quatre voies.

Depuis 2003, l’ANRU( Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine ) rénove les quartiers, mais lorsqu’il y a rénovation, il a bien trop souvent destruction. Ainsi depuis 2003, en France, c’est toute une part de l’architecture des habitats collectifs qui disparait. De même, à Saint Brieuc, a débuté il y a quelques mois un programme de rénovation urbaine. La Ville rénove l’ensemble des ses quartiers. Dans le quartier de la Croix Saint Lambert, elle a choisi de démolir les cinq tours, devenues malgré tout un symbole de la ville. Un habitant me disait : « Quand on arrivait par la quatre voies, on les voyait de loin, on savait alors qu’on arrivait à Saint Brieuc ».

Dans mon travail, j’essaye de révéler l’existence parfois «oubliée» de cette architecture sociale née au milieu du 20ème siècle, et d’en garder une trace. L’architecture contemporaine est comme une ruine moderne. A travers mes différents travaux, j’essaye de resituer les habitants dans cette architecture contemporaine, et de montrer les ravages du temps.

Mes travaux photos sur des immeubles en ruines/rénovation et les paysages voués à disparaître ramènent romantiquement l’homme à sa propre et inéluctable destruction. À la fois critique et rêveuse face à ses grandes constructions, mon travail s’apparente à celui d’un archéologue. Cherchant, collectant, photographiant, tentant de mettre en scène la question de la trace documentaire et conserver ces lieux avant leurs démolitions ou leurs restaurations.

Habitats partiels - Paris

acrylique/marqueurs

2012 

Front de Seine 

Paris 

2012

Croix Saint Lambert - Saint Brieuc

Photomontages

2013

Croix Saint Lambert - Saint Brieuc 

2012

Logiques d’habitations 

Photographies de Michael Wolf découpées

2011 

Cesson-Ginglin

Photographie argentique 

Saint Brieuc 

2011

RUBBLES 

Croix Saint Lambert

2013 

Négatifs 

Croix Saint Lambert - Saint brieuc

2013

Rubble

Croix Saint Lambert - Saint brieuc

2013

ARCHÉOLOGIE CONTEMPORAINE

Etudiante aux Beaux Arts d’Angers

lea.ruellan@bbox.fr

 

 

C’est par hasard que j’ai découvert le livre CCCP de Frédéric Chaubin Cosmic, Communist Constructions Photographed. Déjà attirée par l’architecture sociale du 20ème siècle, je me suis interrogée sur les liens entre toutes ces architectures.

L’hypothèse de départ de mon travail était de voir en quoi le logement collectif a marqué la société française et quelles traces ces architectures vont-elles laisser dans notre paysage.

Depuis les années 70, on remarque que ces architectures sont délaissées, oubliées, pourtant elles sont les vestiges d’une époque d’après guerre où tout paraissait possible. Symbole il y a 60 ans de progrès social, elles portent dans leurs murs un lourd passé politique mais aussi architectural. Cette nouvelle façon d’habiter, éloignée de l’habituel pavillon français, était au milieu du 20ème siècle, pleine d’enthousiasme. Ces grands ensembles, formés d’habitats collectifs étaient des villes nouvelles, construites à l’extérieur des villes, et édifiées en un assez bref temps.

 

 

Au cours du dernier siècle, le logement est devenu peu à peu au même titre que la liberté d’expression, un droit. Mais avoir un toit est un besoin avant d’être un droit. Le marché de l’habitat populaire au cours du Xxème siècle est né de la rencontre entre de nombreux acteurs : les clients, les constructeurs, les promoteurs et le nouveau venu, l’Etat.

Depuis la fin du XIX siècle, l’urbanisation et l’industrialisation des villes ont confronté les classes populaires à un manque crucial de logement. Manque de ressources, familles trop nombreuses, obligeaient ces nouveaux citadins au surpeuplement, mais aussi aux taudis qui se multiplièrent de façon désastreuse. Le logement ouvrier semblait un fléau insurmontable, une constante de la condition ouvrière. A part quelques initiatives patronales pour donner un toit décent à leur main d’oeuvre, le logement populaire n’était soumis à aucune législation. Les immeubles des centres villes loués aux classes populaires ne devenaient pas rentables pour les promoteurs immobiliers qui ne les restauraient pas, devenant de vrais taudis. Cette situation alarma les hygiénistes et les réformateurs, obligeant l’Etat à proposer ses premières loi sociale.

Travaillant sur la trace de ces architectures du passé, je me suis focalisée sur le quartier de la Croix Saint Lambert, au sud de la ville de St Brieuc dans les Côtes d’Armor. Il fut construit à la fin des années 60, et était principalement composé de cinq tours de 14 étages. C’est un des premiers grands ensembles construit à Saint Brieuc. Le projet promettait une excellente qualité de vie à ses occupants, leur offrant pour un loyer modéré des appartements confortables et spacieux, mais aussi des commerces et services de proximité tel que des écoles, une garderie, une bibliothèque, …

Malgré de nombreux travaux de rénovation les années précédentes, les tours étaient devenues un lieu peu apprécié. Elles étaient considérées par les Briochins comme un quartier difficile, coupé du centre ville par la construction d’une quatre voies.

Depuis 2003, l’ANRU( Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine ) rénove les quartiers, mais lorsqu’il y a rénovation, il a bien trop souvent destruction. Ainsi depuis 2003, en France, c’est toute une part de l’architecture des habitats collectifs qui disparait. De même, à Saint Brieuc, a débuté il y a quelques mois un programme de rénovation urbaine. La Ville rénove l’ensemble des ses quartiers. Dans le quartier de la Croix Saint Lambert, elle a choisi de démolir les cinq tours, devenues malgré tout un symbole de la ville. Un habitant me disait : « Quand on arrivait par la quatre voies, on les voyait de loin, on savait alors qu’on arrivait à Saint Brieuc ».

Dans mon travail, j’essaye de révéler l’existence parfois «oubliée» de cette architecture sociale née au milieu du 20ème siècle, et d’en garder une trace. L’architecture contemporaine est comme une ruine moderne. A travers mes différents travaux, j’essaye de resituer les habitants dans cette architecture contemporaine, et de montrer les ravages du temps.

Mes travaux photos sur des immeubles en ruines/rénovation et les paysages voués à disparaître ramènent romantiquement l’homme à sa propre et inéluctable destruction. À la fois critique et rêveuse face à ses grandes constructions, mon travail s’apparente à celui d’un archéologue. Cherchant, collectant, photographiant, tentant de mettre en scène la question de la trace documentaire et conserver ces lieux avant leurs démolitions ou leurs restaurations.

Habitats partiels - Paris

acrylique/marqueurs

2012 

Front de Seine 

Paris 

2012

Croix Saint Lambert - Saint Brieuc

Photomontages

2013

Croix Saint Lambert - Saint Brieuc 

2012

Logiques d’habitations 

Photographies de Michael Wolf découpées

2011 

Cesson-Ginglin

Photographie argentique 

Saint Brieuc 

2011

ARCHÉOLOGIE CONTEMPORAINE

À propos:

Léa Ruellan
Archéologie Contemporaine

lea.ruellan@bbox.fr



mon blog : capitaine-louisette.tumblr.com